LA MÉNOPAUSE : FAIRE FACE À SES CONSÉQUENCES


La ménopause, étape obligatoire dans la vie d’une femme souvent difficile à franchir, est pour 50 à 70 % d’entre elles source de désagréments. L’occasion de renforcer son hygiène de vie.


La baisse drastique des sécrétions hormonales (œstrogènes et progestérone) provoque des désordres dont les répercussions sont : 
- ressenties, gênantes avec des symptômes générant de l’inconfort et altérant la qualité de vie. Les femmes se plaignent surtout de bouffées de chaleur, d’insomnie, de fatigue, d’anxiété, de troubles du caractère et de l’humeur. Cet ensemble est dénommé « syndrome climatérique ». 
- silencieuses, insidieuses : elles affectent l’appareil cardiovasculaire et les os. 

Quelles sont les conséquences de la ménopause sur le cœur et les artères ? 
Les œstrogènes ont un rôle protecteur sur le cœur et les vaisseaux. À la ménopause, cet effet disparait, ce qui place les femmes dans la même situation que les hommes. De ce fait, les maladies telles que infarctus du myocarde, AVC, artérite... sont les premières causes de mortalité chez les femmes ménopausées, loin devant les cancers. 
Une femme a sept fois moins de risque de mourir d’un cancer du sein, maladie tant redoutée et à juste titre, que de maladies cardio-vasculaires. On insiste beaucoup sur ce risque car les femmes (et même le corps médical) y sont moins sensibilisées. De plus, les symptômes d’infarctus (notamment les douleurs) sont plus trompeurs, moins typiques que chez les hommes, d’où un retard de diagnostic, donc de traitement. Il y a également un risque de voir apparaître une hypertension artérielle. 

Et les os ? 
Le tissu osseux est très sensible aux œstrogènes et la ménopause induit une perte osseuse notable. Le capital osseux, acquis dans l’enfance et l’adolescence, est déterminé par l’alimentation riche en calcium, l’exposition solaire qui permet la synthèse de la vitamine D, l’activité physique mais surtout la génétique (80 %). À la ménopause, la diminution de la masse osseuse est aggravée par le tabac, l’alcool et certains médicaments.
La fragilité osseuse qui en résulte peut conduire à des fractures pour des chutes banales, de sa hauteur ou d’une marche. L’ostéoporose est insuffisamment diagnostiquée.  
On doit être alerté par une perte de 4 cm de taille depuis l’âge adulte et bien sûr par la survenue d’une fracture. Pour des raisons de coût, on n’a pas suffisamment recours à l’ostéodensitométrie, examen pourtant non invasif qui aidera au diagnostic, d’autant que des traitements efficaces existent. 

Y a-t-il d’autres changements ? 
La ménopause s’accompagne souvent d’une prise de poids et surtout d’une modification de la silhouette, de la composition corporelle et de la répartition des graisses. Le risque de voir apparaitre un diabète, surtout en cas d’antécédents familiaux, est majoré. 

Et les bouffées de chaleur ? 
Elles peuvent commencer deux ans avant l’arrêt des règles et durer quatre ou cinq ans. On signale des cas de durée plus longues, jusqu’à quinze ans. 

Les conséquences que nous venons d’énumérer sont d’autant plus marquées que la ménopause a été brutale (ablation des ovaires) ou précoce. 

​Que peut-on faire ?

La logique suppose que l’on pallie la carence hormonale par un traitement dit « substitutif ».
À la suite d’une étude américaine qui alertait sur le risque accru de cancer du sein, les médecins furent très réticents à prescrire ce traitement (et les patientes à l’accepter). Depuis quelques années, des données plus rassurantes favorisent un retour en grâce de ce traitement.
Il s’avère bénéfique dans les domaines que nous avons énoncés, à condition de respecter les contre-indications (antécédents de cancers hormonodépendants, phlébites…). 

D’autre part, il faut : 
- Éviter les compléments alimentaires, notamment à base de soja, qui apportent des œstrogènes non standardisés, non contrôlés. 
- Opter pour une bonne hygiène de vie basée sur l’éviction du tabac et de l’alcool, une alimentation méditerranéenne variée et équilibrée, une activité physique régulière. 

​Et la prise de poids ?

On peut l’éviter en pratiquant une activité physique pour lutter contre la fonte musculaire liée à la carence hormonale et, de ce fait, augmenter la dépense calorique, en associant : 
- l’endurance au moins cinq jours par semaine, pour la santé cardiaque et vasculaire, 
- le renforcement musculaire, au moins deux jours par semaine, pour renforcer les os, améliorer la composition corporelle, diminuer le risque de diabète, la prise de poids et le risque de chute, 
- le travail de l’équilibre pour éviter les chutes (et donc les fractures).

En conclusion
- Faites-vous suivre pour les facteurs de risque cardio-vasculaires (tension, cholestérol, diabète…). 
- Ayez une alimentation équilibrée, comportant calcium, protéines, vitamine D. 
- Discutez du traitement substitutif avec votre médecin. 
- Continuez à pratiquer les tests de dépistage (sein et colon). 

Au sein de nos clubs, l’activité physique régulière et le lien social sont des éléments essentiels pour bien vivre cette période de la vie. 
> Vous pouvez consulter le guide « Activité physique, sédentarité et ménopause : comprendre et agir » publié par le ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative.

Claude Paumard, médecin régional Pays de la Loire